The Artist : l’avis de Grandsteack

jean dujardin berenice bejo michel hazanavicius the artist film muet noir et blanc cannes palme d'orPresque deux mois sans aller au cinéma… L’indigestion de l’été s’est révélée plus hardcore que prévue et j’ai mis du temps à m’en remettre, mais je suis back dans les bacs baby, et il fallait bien un film de l’homme le plus classe du monde – Michel Hazanavicius – en guise d’Alka-Seltzer®.

« The Artist » donc, que j’attendais depuis sa projection à Cannes et le prix d’interprétation masculine décerné à Dujardin. Le reste du casting a pas mal de niveau, vu qu’on retrouve Bérénice Béjo (qui accompagnait déjà le duo sus-cité sur le premier OSS 117 et par ailleurs compagne de Hazanavicius), James Cromwell (« L.A. Confidential« , « La Ligne verte« , « I-Robot« ) et John Goodman (« Barton Fink« , « The Big Lebowski« , « O’Brother« ) : que des gueules, ce qui s’explique par la thématique du film, le muet. Nous y reviendrons.

Proposer un film en noir et blanc et à 99% muet, en cette époque de merdes arc-en-ciel et de cacophonies futiles, souvent plébiscitées au box-office, c’était prendre un gros risque commercial. Selon les premiers chiffres disponibles, le pari semble en passe d’être réussi étant donné que 72.521 entrées ont été comptabilisées pour le premier jour d’exploitation, pour 246 copies. Plutôt un bon départ. Après, à ma séance, il y avait 8 personnes (dans une salle à 450 places, on s’est senti un peu comme des élites). Mais ce film mérite vraiment qu’on aille le voir.

Hazanavicius avait démontré son talent de la reconstitution d’ambiance avec les très stylisés OSS 117, sa peinture du Hollywood des années 20-30 est assez bluffante dans le sens où elle correspond bien à l’idée que j’en ai. Au niveau de l’image, c’est du même niveau, l’esthétique pelliculaire nous ramène bien loin dans l’histoire du cinéma. Reste que le muet rend plus difficile le but qui fait du 7e Art ce qu’il est, c’est à dire susciter des émotions. Du moins c’est ce qu’on pourrait penser aujourd’hui, dans une société de bruit et de fureur.

Partant de ce constat, le choix des acteurs est primordial : l’expression étant réduite à une performance purement physique, il était important d’avoir des acteurs ayant plus d’une expression faciale (Shia LaBeouf ou Steven Seagal n’auraient par exemple pas pu avoir de rôle dans cette production) et une vrai présence à l’écran (décidément, pauvre Shia LaBeouf…). De ce point de vue, et ma première impression s’est vite confirmée, le casting est une vrai réussite : Jean Dujardin n’a pas volé sa palme cannoise, Bé.Bé. est rayonnante, et les seconds rôles traversent le film avec aisance et conviction. Les émotions sont donc bien retranscrites, restait à trouver les éléments déclencheurs adéquats.

Et de nouveau, Michel Hazanavicius opère avec beaucoup de talent et d’inspiration, arrivant, par des astuces de mise en scène ou de réalisation, à nous replacer dans un état d’esprit proche des années 20 : par exemple rire des pitreries d’un chien est une forme d’humour que l’on a un peu perdu, mais qui retrouve ici toute sa fraicheur (le cleb en question a eu droit à sa palme aussi, by the way). De même, il émeut par de beaux procédés de mise en abîme, confondant la vie de ses acteurs avec leurs rôles à l’écran, dans une catharsis tantôt douloureuse, tantôt joyeuse.

Ce film est donc une expérience rafraîchissante, une éblouissante réussite, une médaille qui me redonne goût au cinéma mais dont le revers va rendre à coup sûr bien fade les prochaines productions que j’irai voir. Allez le voir.

A propos grandsteack

Critique amateur sur "On l'a vu, nos avis". Si vous voulez des avis sur les films qui sortent : nosvisionsducinema.wordpress.com
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3 commentaires pour The Artist : l’avis de Grandsteack

  1. Anonyme dit :

    regarde un chaplin et tu comprendras la veritable saveur d’un muet. the artist est un bon film mais il n’a rien d’éblouissant pour ma part.

    • grandsteack dit :

      Quelle bonne idée, regarder un chef-d’oeuvre du 7e art, je n’y avais jamais pensé ! Blague à part, je ne compare à aucun moment « The Artist » avec des chefs-d’oeuvres du muet pour la bonne raison que c’est incomparable. Par contre, je contextualise beaucoup afin de situer l’intérêt du film. Et quand je parle d’une réussite, je ne parle pas de place au panthéon du cinéma, mais bien en terme d’atteinte d’objectifs, qui semblent être le divertissement et l’hommage. Et en ce qui concerne ces deux points, il s’agit certainement d’une réussite.

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