The tree of life: l’avis de Bool

Je vais essayer de faire une critique plus compréhensible que le film. Mais ça sera sûrement assez facile au vu du-dit film.

Flashback! (oui comme dans le film)

Un mardi soir, rien de plus normal que d’aller se faire un petit ciné entre amis voir un film qui s’annonçait bon et pas trop stupide. Oui, car passées ces affreuses choses nommées concours, je pouvais me remettre au cinéma, le vrai, pas celui des Fast&Furious et autre Thor, tout juste bons à décompresser un peu (et puis pour Nataliiiiiiiiiiiiiiiiiiie aussi). Ce programme avait plutôt bien commencé avec Minuit à Paris, très bonne surprise de mister Allen après son dernier film un peu catastrophique; pourquoi pas continuer avec un autre film programmé à Cannes? Le mystérieux Tree of Life dont on parlait depuis presque deux ans déjà avec derrière la caméra le « fameux » Terrence Malick (il est vrai que La ligne rouge est magnifique mais pour le reste je ne peux pas dire) et devant Brad Pitt et Sean Penn. On s’attend à quelque chose d’un peu mystique, surtout après que la bande annonce est sortie. Peut-être quelque chose de similaire à The Fountain de D. Aronofsky, avec une intrigue s’étalant sur plusieurs générations. On distinguait, dans la bande-annonce déjà, un schéma assez lent avec des plans très descriptifs, contemplatifs… Soit, ça n’a pas empêché certains de faire de superbes films (exemple quelques lignes plus haut).

Bon bah c’est pas encore ça. En fait je crois que Terrence Malick est tombé dans le « clipisme » (pendant environ 2/3 du film), vous savez, cette espèce de mode qui consiste à mitrailler nos mirettes avec plein de plans « jolis » mais totalement inutiles, souvent sans liens entre eux. Ils ont peut-être une quelconque signification pour le réalisateur, ils feront chauffer nos petits neurones pour savoir le pourquoi du comment mais ils resteront finalement incompréhensibles. Parfois, on se croirait en cours de philo: « oui bon alors là il parle d’un arbre, un arbre érigé vers le ciel, c’est un symbole phallique, symbole du père, créateur, blablabla… ». D’autres fois, on se croirait dans une pub pour Nutella, vous savez celle avec les petits gnenfants qui courent dans les prés. Le reste du temps on mate la National Geographic Channel, et puis je vais spoiler, histoire que vous ne vous étouffiez pas au ciné (au cas où vous iriez quand même le voir), monsieur Malick a acheté les droits à France 3 pour « Sur la terres des dinosaures »…. Bon pour faire plus clip, on enchaîne tout ça avec de la musique (jolie elle aussi), pas de dialogues parlés, seulement des pensées… Emballez, c’est pesé!

J’exagère à peine. Après m’être défoulé, peut-être que je pourrais vous dire deux mots à propos du scénario: on ne passe quand même pas 2h20 (oui c’est long, surtout pour un clip) sans savoir où on est. En deux mots donc, Brad et femme ont trois enfants et le second meurt… Je vais développer un peu plus. Brad et sa femme ont trois enfants, Brad est pas forcément un père modèle surtout pour l’aîné (incarné par Sean Penn dans la version adulte), le second semble être le préféré du père, puis il meurt. Cela semble toujours court et perturbant pour un scénario, c’est pourtant tout: la mort d’ailleurs n’est jamais vraiment décrite, le film consiste justement à essayer de nous faire ressentir cette mort comme la famille l’a ressentie, la ressent. Je vais être obligé de fournir quelques explications (gare aux spoils mais après tout, je ne crois pas que le film en pâtisse). A mon humble avis (je me mouille pas trop), c’est d’ailleurs le seul but du film. Et c’est long, le film tente de montrer les émotions, les questions que se pose la famille, très croyante. Ce dernier point est au cœur du film: si Dieu est bon pourquoi a-t-il laissé cela se passer? Au milieu des prières, on voit apparaître un certain relativisme face à la vie et la mort: nous ne sommes que poussière du point de vue spatio-temporel de l’univers ([message subliminal] dinosaures![/message subliminal]). D’un autre côté les souvenirs sont nombreux (un tiers du film est consacré à l’enfance des frères), on a donc le classique « je ne suis rien pour l’univers » vs « je suis tout pour moi et mon entourage », l’échappatoire par le nihilisme (déduit du relativisme) n’est pas possible pour l’être humain doté d’une âme. Le deuil est plus complexe qu’une simple scène d’enterrement en costard noir. Il faut encore rajouter à cela les relations compliquées entre père et fils au pluriel et puis celles entre mère et fils: concurrence, amour, rébellion, culpabilité…

Au final, les réflexions ont l’air intéressantes et nombreuses et pourtant les seules choses vraiment compréhensibles sont plutôt basiques. Le reste c’est le flou artistique comme dirait l’autre: la réflexion qui a animé Terrence Malick n’arrive pas à nous parvenir la plupart du temps, l’ambiance instaurée l’est mal car pas assez explicite ou trop rapide (cf clipisme). Du coup, on se sent un peu con: « j’ai raté quelque chose? », « j’ai pas d’âme? », « je suis insensible à l’art bizarre? », je penche pour la dernière option. Un peu comme dans un musée d’art contemporain: « c’était génial » contre « c’était nul », qui a raison? Euh… ceux qui ont aimé c’est qu’une bande d’hypocrites? Peut-être pas. En tout cas, c’est pour moi une grosse déception.

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10 commentaires pour The tree of life: l’avis de Bool

  1. lélé dit :

    Il a fallut plusieurs années a Terrence Malick pour faire le film il doit en etrede méme pour le comprendre …

  2. delhasse dit :

    Comprendrai jamais pourquoi on a primé ça à Cannes….une fin de série soldée de posters pseudo-symboliques pour intellos pédants.

  3. Robert Carlos dit :

    « Mes deux grands réalisateurs fétiches sont Clint Eastwood et Quentin Tarantino (enfin ils sont même acteurs souvent pour mon plus grand plaisir). »

    On comprend mieux la nullité abyssale de cette critique de The Tree of Life en voyant qu’elle vient d’un « cinéphile » post-adolescent qui croit s’y connaître plus que les autres en cinéma parce que lui ne regarde pas Twilight mais Tarantino (comme tout le monde en fait…).

    • grandsteack dit :

      Dois-je critiquer ce commentaire à cause des penchants madrilènes, voire madridistes, de son auteur ? Tentant, mais je crois que je ne suis pas légitime parce que j’aime les séries B et Z …

    • B00L dit :

      Je réponds quelques mois plus tard certes. Mais en même temps, je ne voyais pas quoi répondre à cette critique gratuite (et sans argumentation). On est bien ici pour apprendre à discuter et discuter tout court du cinéma, pardonnez donc mes erreurs(?) donnez donc un avis construit pour faire avancer le débat qui semble-t-il n’est pas fini. Au passage j’aurais bien aimé connaître vos influences quand vous aviez mon âge (oui je vous vouvoie, vous avez l’air si expérimenté).

  4. duchmurtz dit :

    BOOL dit : « la réflexion qui a animé Terrence Malick n’arrive pas à nous parvenir »…
    Et bien je dirais que la réflexion de Terrence Malick n’est pas arrivé à « TE » parvenir (comme à beaucoup d’autre d’ailleurs). Le cinéma peut être comme la littérature : Il y a ceux qui aime les livres de Marc levy ou Guillaume Musso et ceux qui préfèrent lire Marcel Proust ou friedrich nietzsche ! Voilà tout !

    • B00L dit :

      Ce qui est dommage c’est que j’ai pourtant essayé… partant de là, j’estime qu’un film qui M’est totalement imperméable, est mauvais. Oui c’est super-égoïste, un peu comme Terrence Mallick qui garde ses talents pour lui sans (arriver à) les faire parvenir au grand public (le « nous » c’était pour ça, mais vu que ceux qui commentent ont aimé le film, j’aurais dû dire « me » ^^)

  5. M2P dit :

    C’est marrant comme les critiques négatives de film sont toujours suintantes de tournures compliquées et de verbes savants pour finalement dire qu’on a pas aimé …

    • B00L dit :

      Je crois me rappeler que j’avais fait exprès puisque le film lui-même m’avait paru « suintant de tournures compliquées et de verbes savants ». Le lecteur comprend ainsi comment j’ai ressenti le film…

  6. Anonyme dit :

    Une très bonne analyse du film : amusante, bien écrite et bien pensée ! Merci.

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