Les chemins de la liberté: l’avis de Bool

Avec un peu de retard, je m’attelle à la critique du dernier film de Peter Weir (Witness, Truman Show, Le cercle des poètes disparus, Master & Commander), un monsieur donc qui est capable de réussir dans des genres bien différents. Ce dernier film, Les chemins de la liberté, semblait être plutôt tourné vers l’action avec au programme goulag, évasion et poursuite dans la taïga sibérienne, en tout cas c’est ce que laissait présager la bande-annonce avec en plus un bon petit casting (notamment Ed Harris qu’on avait pas revu depuis le très bon Appaloosa qu’il avait lui-même réalisé). A part ce scénar pas très original, ça avait l’air bon, en tout cas, y’avait de quoi nourrir mon côté cinéphage (oui je sais ça existe pas et alors?).

Passons de suite à la conclusion avant de décortiquer le film ou du moins  d’exposer son intérêt. Car oui, comme je l’avais senti, le scénar faiblard n’en fait pas un film mémorable (en même temps il vaut mieux qu’il ne le soit pas si c’est pour l’être à la façon Tron comme le montre la critique de grandsteack dont la mienne sera assez proche). Mais ne nous égarons pas. Les chemins de la liberté donc, bon petit moment passé au ciné même si il manque un peu de saveur. Et pour cause: les points intéressants du film ont déjà été explorés dans d’autres films bien plus réussis. Mais chacun étant bon dans son genre, Les chemins de la liberté garde l’avantage de nous présenter le tout dans un emballage plutôt pas trop moche.

Pour préciser un peu ma pensée, je vais refaire le film par morceaux avec mes classiques à moi. Il y a finalement peu « d’action » à proprement parler puisque c’est surtout toute la marche depuis le goulag jusqu’en Inde qui est le cœur du film. Alors ça commence par l’interrogatoire pour savoir si oui (ou non) notre héros est coupable d’espionnage: ça fait très La vie des autres (les cocos aux commandes avec la technique bien connue d’interroger d’abord la femme). Pour le passage dans le goulag, on pourrait citer la plupart des films de guerre, je choisis La grande évasion (Steve McQueen vs Ed Harris). L’après-évasion, en pleine Sibérie, fait beaucoup penser au film Les insurgés (où l’on voit comment les résistants polonais ont survécu dans la forêt pendant la seconde guerre mondiale) ou encore à la série Band of brothers (surtout le passage dans les Ardennes). On arrive alors sur les rives du lac Baïkal, le climat est un peu plus clément, un petit peu type Alaska et je ne peux m’empêcher de penser à Into the wild et ses magnifiques paysages. On passe ensuite dans les plaines de Mongolie, ça rappelle Michel Strogoff (celui avec Curd Jürgens). Puis vient la traversée du désert de Gobi, bon là encore tous les films avec une petite randonnée dans le désert conviennent mais je retiens Le bon, la brute et le truand (la scène du désert reste très réaliste avec le visage de Clint complètement desséché). La dernière partie se passe au Tibet avec le franchissement des montagnes himalayennes, donc sur le coup c’est Himalaya, l’enfance d’un chef qui vient à l’esprit (quoique ça vaut pour toute la partie Mongolie).

Bon voilà après avoir fait le tour on s’aperçoit que la concurrence est rude (même si je n’ai mis que ceux qui me sont venus en premier), cependant le film arrive à se faire une place en diversifiant les paysages et en rajoutant cette dimension historique qui n’apparaît pas tout le temps dans les films sus-nommés. C’est cette dimension historique qui donne d’ailleurs de l’intérêt au film parce que voir des gens crapahuter dans la verte c’est bien mais bon… Non, ici, le film est censé être tiré d’une histoire vraie (racontée dans le livre « The long walk ») donc c’est tout de suite plus intéressant. Je dis bien « censé » vu que le débat est toujours entier concernant la véracité des faits. Si on admet que l’histoire est vraie donc, ce qu’on peut à bon droit supposer même si ce n’est pas à l’auteur qu’elle est arrivée, on a là un beau morceau de courage rappelant ceux typiques des films de guerre. 6500km à pied, c’est inimaginable: on est aux frontières de la résistance humaine à la fatigue, la faim, la soif; rien qu’à voir la carte avec le trajet approximatif, on se demande si c’est vrai. C’en est presque une icône moderne à notre époque où on lutte non pas pour la survie au sens premier du terme, mais pour la survie intellectuelle dans un monde d’inaction et de complaisance (rebel style). Pourtant on est bien loin de ces idéaux quand en pleine Sibérie la seule vérité est « Struggle for life ». On peut alors apercevoir l’homme nu, privé de ses obligations envers la société, seule sa morale propre subsiste et Peter Weir se débrouille assez bien pour que les comportements soient crédibles jusqu’au bout.

Bien réalisé et réaliste, Les chemins de la liberté manque cependant de punch et d’originalité ce qui en fait un Peter Weir moyen au vu de sa filmographie mais un bon moment passé au cinéma et on l’oublie vite.

Cet article, publié dans 1er Trimestre 2011, La Cinémathèque, Les chemins de la liberté, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Les chemins de la liberté: l’avis de Bool

  1. Rémi dit :

    Je te rejoins sur cette critique. Un film qui avait le potentiel mais qui n’est pas allé jusqu’au bout.
    La bande annonce gache finalement tout car il n’y a finalement aucune surprise dans le film qui prend exactement le même schéma.

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