Au-delà : l’avis de Grandsteack

au-delà, hereafter, matt damon, cecile de france, clint eastwoodAïe. Aïe Aïe Aïe. Clint, qu’as tu fais ?  Pourquoi ça ? La faim dans le monde, les guerres, ça suffit pas ? Hum, je me précipite, reprenons au début.

Clint Eastwood est un homme (mais pas sûr…) dont la filmographie est longue comme la poutre de Bamako (eh non, pas de lien, ceci est une critique tout public) et dont la classe ne peut être comparée qu’à l’aune de celle de George Abitbol. Partant de ce constat, chacun de ses nouveaux films est attendu comme une action divine. Enfin… d’habitude. Sans remonter trop loin, la décennie précédente a vu sa consécration avec des récompenses à la pelle et quelques dollars de plus à son butin. Mais force est de constater que l’âge se fait sentir (mais c’est valable pour tout le monde).

« Invictus », déjà, marquait un net creux dans son parcours de réalisateur, surtout après « Gran Torino » où Clint crevait l’écran (et crevait tout court, comme un symbole de sa fin de carrière ?). « Au-delà » va prolonger cette impression de douce décadence du style Eastwood.

Ce film raconte une histoire à la « Babel », en entrecroisant trois destins pas très joyeux. Voilà pour le pitch (plus de détails ici). Le problème de cette (assez forte) ressemblance, c’est que le comparatif est presque inévitable, et pour le coup nettement en la défaveur de « Au-delà ».

Premier point, les acteurs. On ne peut pas vraiment dire qu’ils sont mauvais, mais par contre le terme « fade » trouve ici son illustration, ; mention spéciale à Matt Damon qui fait du Matt Damon et ne devrait définitivement plus tourner avec Clint, sa prestation dans « Invictus » étant déjà insipide (« doit-il tourner tout court? » est une  autre question). Le doublage, plutôt mauvais, devait venir atténuer ce constat, mais Cécile de France réussit l’exploit de se doubler plus mal qu’elle ne joue. Et ne me dites pas qu’elle a tourné en français ou je demande à ce qu’on lui retire son César de meilleur second rôle. A voir absolument en V.O. pour sauver ce qui peut l’être.

A la décharge des acteurs, le scénario est quelque peu indigent. Tracé du début à la fin, il est difficile d’être surpris tant le chemin est balisé et les actions prévisibles. De même, les personnages sont écrits à la truelle, ce qui, il faut bien l’avouer, n’a pas dû inspirer beaucoup les acteurs et explique en partie leur « jeu ». La touche métaphysique sur l’au-delà (d’où le titre, bravo à celui qui l’a trouvé) était certes délicate à mettre en scène, mais à aucun moment on arrive à entrer dans l’histoire. On pourrait trouver des explications, des raisons au comportement et aux visions des personnages, mais on a même pas envie de chercher.

La fin est à l’image du film : molle et attendue (CTB), achevant de nous décrocher la mâchoire à force de bâillements. Dura constat sed constat : Eastwood « confirme » ici les faiblesses aperçues dans « Invictus » et rend une copie pâle et ridée, pour être finalement jugé coupable de ce film sans couleur ni saveur. Une histoire d’eau en somme (et Dieu sait qu’ils savent ce que c’est l’eau de là-bas). A oublier (les jeux de mots comme le film).

 

A propos grandsteack

Critique amateur sur "On l'a vu, nos avis". Si vous voulez des avis sur les films qui sortent : nosvisionsducinema.wordpress.com
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5 commentaires pour Au-delà : l’avis de Grandsteack

  1. Yann dit :

    Mmmh, j’ai bien la poutre de Bamako

  2. fandecine dit :

    Dans l’ensemble, je suis du même avis que toi ! On a l’impression qui étire son sujet pour en faire un film de 2h10 (beaucoup trop long…) et au final c’est un limite un désastre !
    Le début du film ne calme directe – On se dit : Tiens on aura pas le droit à un remake de Invictus ! – mais rapidement, c’est long, monotone et la vie des personnages… Ils auraient pu trouver mieux !

    Dans l’espoir que Clint ne s’enferme pas dans ce genre de film pour la fin de ses jours (qui sont presque compté)

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