Love et autres drogues : l’avis de Grandsteack

affiche love et autres drogues anne hathaway jake gyllenhaalLe premier article que j’ai lu sur ce film parlait de sexe et de drogues de manière explicite, et laissait sous-entendre un possible descendant de « Requiem for a dream », en plus joyeux. Bon. Ça m’intéressait.

Deux semaines plus tard, le film sort, et je me renseigne de nouveau. On me dit que c’est une comédie romantique qui s’annonce bien dégoulinante, et je parle pas de fluides corporels, mais plutôt de bons sentiments. Bon. Ça m’intéressait beaucoup moins.

J’ai plutôt horreur de ce genre de film, les « romcoms » comme on dit dans le jargon (dans jargon, y’a argon, c’est fou non ?), la majorité étant de vénérables bouses à faire passer Marguerite pour une productrice de caviar. Mais deux points de vues aussi contradictoires devaient bien avoir un milieu de vérité. D’où visionnage.

Force m’a été de constater deux choses : une comédie romantique peut être pas mal et la poitrine de Anne Hathaway est plus développée que je ne le pensais, la deuxième expliquant en partie la première. Le lien ci dessus étant assez explicite pour exposer mon propos sur Anne Hathaway, je vais expliquer un peu plus la partie comédie romantique.

Déjà, bonne surprise sur le jeu des acteurs : le couple Gyllenhaal / Hathaway fonctionne bien (elle lui a pardonné ses infidélités homosexuelles de Brokeback Mountain) et les seconds rôles arrivent à suivre. Et si, certes, il y a des moments durant lesquels on y croit moins, c’est surtout dû à des faiblesses de scénario, pas tant liées à l’écriture elle-même qu’aux passages obligés du genre (je t’aime – moi non plus – finalement oui – mais non – peut être – un jour – d’accord).

Et dans le déroulement, faut tout de même admettre que c’est sinon très chiant, du moins connu d’avance. La fraîcheur ici, c’est d’avoir travaillé un minimum le background. Les deux personnages principaux ont chacun une histoire personnelle qui influence leur comportement (elle sa maladie, lui son entourage familial), et le comportement en question est bien plus proche de la « réalité » que les autres déjections noëlesques que nous pond d’habitude Hollywood. A ce titre, il y a effectivement quelques scènes de sexe, qui, si elles sont « engagées », n’ont rien de pornographique contrairement à ce qu’a pu relever le Jury (béni soit-il).

Par contre de drogues il n’est point trop question, si ce n’est à titre métaphorique (argent, sexe, pouvoir…). Mais là, on peut incriminer le complot des responsables des titres français, puisque le titre original « Love and other drugs » pouvait également être traduit par « Amour (ba oui, pourquoi ne pas traduire Love ? Encore un stagiaire qui a fait son travail à moitié…) et autres médicaments », donnant un éclairage nouveau à ce film en ce qui concerne sa porté moralisatrice en faisant passer l’amour du statut de mal à celui de remède (nouveau mais pas forcément moins chiant). Selon le Jury (béni soit-il), il semblerait qu’aucun journaleux n’ait envisagé cette possibilité, mais au fond, ça étonne qui…

Le passage de « drogues » vers « médicaments » aurait évité à beaucoup de gens de faire la réflexion « mais que vient foutre la pseudo critique sur le monde médical et pharmaceutique américain dans ce film, ça aurait pu faire un film complet à part ». Dont acte : d’habitude les gens se plaignent qu’il n’y ait pas de scénario, et quand on en introduit un, aussi minime soit-il, ils se plaignent que ça nuise au récit. Finalement les producteurs ont raison de pas se faire chier. Anne Hathaway sait de quoi je parle.

En conclusion, je dois avouer que ce flim ne m’a pas été désagréable (à part le montage : horrible), et sans dire qu’il révolutionne le genre, il le rafraichit quand même pas mal. Je n’ai même pas eu envie de tuer des bébés chatons en sortant de la salle.

 

A propos grandsteack

Critique amateur sur "On l'a vu, nos avis". Si vous voulez des avis sur les films qui sortent : nosvisionsducinema.wordpress.com
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6 commentaires pour Love et autres drogues : l’avis de Grandsteack

  1. cracoucas dit :

    Un bon film d’Edward Zwick ?

    Depuis 1989 et Glory, on n’avait plus vu ça!
    Il va falloir que je l’ajoute à mon programme du Week end (puis tant mieux parce que « La chance de ma vie », je le sentais moyen, et que « Somewhere », « Même la pluie »ou « Forapasc », c’est déjà fait…)

    Pour ce qui est des traductions de titres de films, c’est souvent franchement pathétique.

    • grandsteack dit :

      Attention : je n’irai pas jusqu’à dire « un bon film », surtout du point de vue réalisation – mise en scène – montage, mais en terme de comédie romantique, c’est quand même mieux que ce que j’ai eu le malheur de voir ces dernières années.

      Et pour Edward Zwick, Blood Diamond était quand même pas si mal, dans mon souvenir…

    • B00L dit :

      Dès le terme romcom a pointé son nez, j’ai passé mon chemin…
      Par contre c’est vrai que le Zwick avait pondu Blood Diamond qui n’était pas mal du tout même si le côté hollywoodien était très présent, m’enfin DiCarpachio en pleine forme, Jennifer Connelly en pleine formes et la partition de Newton Howard étaient bien sympas…

      Apparemment cracoucas, vous avez un programme chargé niveau ciné! Forapasc me disait bien jusqu’à la bande-annonce un peu convenue, j’ai donc planifié « Armadillo » et « Somewhere » pour le weekend (toujours pas de Another Year, désolé)

  2. Maelle dit :

    Je poste parce que j’ai peur pour les chatons (http://timetcorv.free.fr/corvus/cheton.jpg ) bien que ces bestioles fornicatrices soient trop nombreuses sur nos fauteuils. Alors : « Kouyoukouyoukou » les minous.

  3. cracoucas dit :

    J’avais complètement oublié que c’était Zwick au manette de Blood Diamond….
    Si je commence à oublier ses rares bons films, effectivement…

    Forcapasc souffre effectivement d’une mise en scène un peu plate. Mais l’interprétation et le scénario compense cette timidité.

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