Le Nom des gens : l’avis de Grandsteack

affiche le nom des gens jospin gamblin sexeEn ces temps de superproductions américaines (R.E.D., Hatrry Potter et autres Unstoppable), il y a aussi des films moins tape à l’oeil qui pointent le bout de leur nez (non, Potiche n’est pas un bon exemple).

Le Nom des gens est de ceux-là et raconte l’histoire de deux personnes que (presque) tout oppose et qui forcément vont s’attirer, se repousser puis se retrouver dans un ballet de « je t’aime, moi non plus » tragicomique.

On sent un peu de « La vie est un long fleuve tranquille » dans l’approche sociale des personnages et les différences culturelles entre les deux familles. Mais cantonner le film de Michel Leclerc à un rôle de cousin éloigné de l’oeuvre de Chatiliez (ou de Klapisch) serait injuste, tant son message possède son identité propre.

Car plus que les clivages riches/pauvres, Le Nom des gens joue sur les oppositions politiques et religieuses, les deux étant parfois liées. Le film se déroule en 2007 sur fond de campagne présidentielle ce qui donne lieu à des répliques et des gags assez savoureux. Toutes les sensibilités politiques en prennent pour leur grade, et certains personnages, caricaturaux au possible, s’ils peuvent sembler sympathiques aux premiers abords, ont aussi des côtés insupportables.

Le film aborde surtout la religion avec beaucoup de fraîcheur, notamment en ce qui concerne le regard sur la Shoah, en soulignant le poids de l’histoire sur celles et ceux qui n’ont pas connu directement ce tragique passage de l’Histoire. Et la Shoah a son pendant côté arabe avec la guerre d’Algérie. Ce poids, il est symbolisé (ou pas, justement) par le nom de famille des personnages (d’où le titre, bravo pour ton esprit de déduction lecteur/rice) et va nourrir, voire déterminer, le comportement à adopter face à la société, de la honte à la haine.

Le film est également un formidable message d’amour et de tolérance à tous les fanachistes (oui, un concept à George…). La fin est d’ailleurs un modèle d’espérance désenchantée qui fera autant esquisser un sourire que mouiller quelques yeux. Mais que tout cela est frais.

Cette fraîcheur, le film le doit aussi à ses acteurs : le risque était de tomber dans l’excès de la caricature de leurs personnages, mais cet écueil est évité avec brio par l’ensemble des acteurs qui savent ajouter une justesse bienvenue dans leur interprétation. Mention spéciale à Jacques Gamblin, dont l’émerveillement semble à peine feint, à Sara Forestier, qui assume parfaitement un rôle très « physique », et à Lionel Jospin en participation auto-dérisoire assez drôle.

Le tout est servi par une mise en scène inventive et aux styles variés. On retrouve par exemple la matérialisation du double qu’avait expérimentée Joan Sfarr pour « Gainsbourg, vie héroïque », ou une scène d’habillement précoïtale plus sexy qu’un lapdance tarantinesque.

Le résultat final est donc une comédie de moeurs drôle et émouvante, qui nous fera rire et/ou réfléchir sur notre société actuelle et le rôle que l’on peut y tenir, en s’intéressant plus aux gens qu’à leurs noms.

A propos grandsteack

Critique amateur sur "On l'a vu, nos avis". Si vous voulez des avis sur les films qui sortent : nosvisionsducinema.wordpress.com
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