The American : l’avis de Grandsteack

affiche The American George ClooneyTrois semaines sans cinéma, il fallait que je reprenne le rythme en douceur. Je me décide pour George Clooney et ses yeux de cocker, sûrement un effet de sa présence télévisuelle (et c’est pour cette même raison que je pense aller voir John Malkovitch qui jouera dans « R.E.D. » (note à moi-même, et à toi lecteur/rice, lire le comic avant)).

Bref, il va être difficile de se démarquer de la critique de Bool, tant celle-ci est pertinente et documentée, mais baste, si vous le voulez bien, on se taillera des pipes plus tard les enfants, j’ai une critique à écrire.

Le scénario de « The American » est basique et convenu. Ceci étant posé, on peut considérer que ce n’est pas l’intérêt majeur du film, malgré son efficacité de polar à l’ancienne (comprenez sans cascades ni explosions à gogo).

Non, si vous voulez voir ce film, il faudra le regarder. Anton Corbijn, photographe dont c’est le premier passage derrière la caméra (du moins pour une aussi grosse production), exprime tout son talent sur la photographie du film (qui mériterait franchement un Oscar), et arrive, Ô prouesse, à rendre toute la subtilité de la lumière des Abruzzes en hiver. On touche effectivement au western (et je parle ici des meilleurs) pour la beauté et l’utilisation des paysages. Et on touche là le deuxième intérêt de ce film : l’Italie.

Si la représentation de la population italienne est aussi belle que ma transition, elle le doit a des acteurs qui donnent « chair » à leur personnage, mention spéciale à Violante Placido en nouvelle Lollobrigida à faire regretter ses 77 vierges à un ayatollah, se faire damner un sein saint (oui, elle m’a « troublé »). On la retrouvera avec plaisir l’année prochaine dans le futur Ghost Rider. Au-delà des autochtones, le mode de vie italien est également mis à l’honneur, avec une représentation très fidèle de la vie rurale notamment.

Et au final, on se retrouve avec un film… italien. Pour avoir vu certaines productions assez méconnues (et pas toujours palpitantes), je me suis cru en plein festival du film italien d’Annecy, manifestation durant laquelle cette œuvre aurait eu sa place. Et ce n’est finalement pas étonnant quand on connaît l’attachement de Giorgio (il ressemble de plus en plus à un italien, surtout avec la barbe),  pour son pays d’adoption.

Je ne te ferais pas, lecteur/rice, l’offense de te parler des divers clins d’oeil qui parsèment le film, mais sache que ceux-ci permettent assez régulièrement d’esquisser un sourire.

Tout ça pour dire que j’ai bien aimé ce film, assez classieux de par son ambiance, sa réalisation et son scénario, et, pour rester dans la filmographie de Clowney, finalement assez proche de Solaris. Si tu as envie d’aller voir, lecteur/rice, un film d’action/espionnage/baston/cascades/explosions/bisounours, tu seras déçu. Ce film se savoure pour ses charmes, c’est-à-dire ceux de sa réalisation, ceux de Georges « Nespresso » Clooney, ceux énormes de Violante Placido et ceux de l’Italie.

A propos grandsteack

Critique amateur sur "On l'a vu, nos avis". Si vous voulez des avis sur les films qui sortent : nosvisionsducinema.wordpress.com
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3 commentaires pour The American : l’avis de Grandsteack

  1. cracoucas dit :

    Je n’avais aucune envie d’aller voir un film de baston/explosions etc (ni non plus l’envie d’aller voir un film de Bisounours) ce qui aurait étonnant de la part du réalisateur de « Control » , ben j’ai quand même été déçu.
    En fait de mise en scène, on a le droit au dernier reportage en Italie d’un numéro de Vogue homme.
    « L’américain », c’est Melville vu par le comité de tourisme des Abruzzes. Clooney parfait: son charisme lui permet d’exister sans rien faire (cf le Delon du « Samouraï »), la séquence d’ouverture surprend et donne à son héros un relief qui sauve le film de l’ennui absolu, mais pour le reste, dans cette Italie de syndicat d’initative, Anton Corbjin prend la pause et finit par s’y croire.
    Le spectateur beaucoup moins.
    Ajoutons à cela le panel représentatif de la femme potiche (pute ou vénéneuse) et une absence totale de scénario: »The American » déçoit.

    « Control », premier film du réalisateur (sur Ian Curtis, chanteur suicidé de Joy Division) était déjà froid, distancé. Mais on sentait surtout la solitude du personnage et le mal être d’une génération qui cherchait à oublier dans la Factory que le singing london était mort.
    Un héros fatigué, une photo sublime, une mise en scène glaçante. Corbjin applique la même recette mais on a l’impression cette fois de feuilleter un magazine Air France..

    • grandsteack dit :

      oui, mais qu’est-ce qu’il est beau ce magazine …

    • B00L dit :

      Pour le coup, le comité de tourisme des Abruzzes serait pas du tout mauvais.
      Le film est lent et sans scénario? Mouais le déroulement du film me semble beaucoup plus logique que la plupart des films d’espionnage, quand on tente de se faire oublier de disparaître comme Clooney, on va pas non plus jouer les james bond… Et si justement Clooney ne fait c’est sûrement qu’il est las de cette vie, blasé donc inexpressif (et quand je dis inexpressif ce n’est pas une critique, même beat takeshi utilise peu souvent son visage)
      Clooney veut la paix, n’en déplaise au spectateur…
      Concernant la femme potiche, ça ne gène pas excessivement: si on considère ça comme un cliché on pourrait aussi le considérer comme une réalité… et si la vénéneuse l’est c’est sûrement son travail qui dicte cette attitude; même si en effet leur caractères auraient pû être développer, cela s’inscrit dans ce côté minimaliste du film

      Au passage, bienvenue sur le blog cracoucas et merci des commentaires

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