Biutiful : L’avis de Papygidius

Sgt GS : « Gaaaaaaaaarde à  vous ! Fixe ! 2eme Classe Papygidius faites votre rapport ! »

Papygidius : « Chef ! A vos ordres ! Chef ! Rapport de mission : Biutiful ! »

Le synopsis comme écrit dans le briefing de mission ne nous laissait même pas entrapercevoir ce sur quoi nous allions tomber en arrivant là bas … La brièveté de la présentation ne pouvant laisser présager que le fait que ça allait être un beau bordel… Mon camarade a eu la tête arrachée par un obus de passage devant le cinéma … Il disait qu’il voulait aller voir le flim … Et moi je trouvais plus ses yeux … beuuhahahaha… C’était pas not’guerre !

*hum hum*

Tâchons donc de nous remettre un peu dans l’ambiance pour l’analyse du film !

Le scénario nous entraine dans les méandres d’une Barcelone (d’habitude si lumineuse, pétillante, pleine de vie), qui accueille les immigrés clandestins dans ses rues sombres, dures, inhumaines… Ces pauvres âmes y sont entassées, exploitées, traquées et tâchent d’y survivre tant bien que mal.

Au milieu de cet enfer évolue Uxbal, un homme dont le temps est compté, souffrant dans son esprit et dans sa chaire. La descente implacable vers un destin funeste de cet homme aux valeurs nobles, nous pousse à l’empathie au fur et à mesure qu’il plonge, grâce à une ingénieuse mise en scène de la part d’Inarritu (environnement insalubre, bande-son, caméra qui tremble, battements de cœur…) porté par une performance d’acteur magistrale de Javier Bardem (meilleur rôle masculin à Cannes 2010). La souffrance, le malêtre, la peur, le dégout de son personnage finissent par être nôtre et à s’insinuer en nous, à réveiller notre conscience à ce quotidien refoulé, oublié, ignoré …

L’apparition du fantastique (Uxbar possède comme un « Sixième sens » et peut communiquer avec les morts…) est un peu déroutante… Elle n’a que pour effet de mettre en relief les remords du héros… mais on reste quand même perplexe vis à vis de ces capacités clairsemées au long du flim qui ne mènent à rien si ce n’est à préparer le grand final…

Inarritu nous gratifie au final d’un flim dur, dérangeant, mais aussi poignant et bouleversant. Il nous rappelle ce drame social qui se joue sous nos yeux clos et que même au sein des grandes et belles villes, il y a toujours des miséreux qui vivent au milieu des ordures… Un flim à voir si on a le cœur bien accroché !

Papygidius

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2 commentaires pour Biutiful : L’avis de Papygidius

  1. grandsteack dit :

    Bravo seconde classe, mission rempli. Vous auriez aussi pu noter que Biutiful constituait le deuxième film d’affilé de Bardem à Barcelone ! Comment ça, ça n’apporte rien ? On contredit son supérieur, deuxième classe Papygidius ? Vous me ferez le festival du grand n’importe quoi pour la peine !

  2. Demeanor dit :

    J’apporte un commentaire concernant le côté « fantastique » du film qui selon moi ne devrait pas être vu comme tel. En effet les quelques scènes où Uxbal voit des morts sont à mettre en relation avec 1) les rapports étroits qu’il entretient avec son amie guérissseuse traditionnelle 2) le pays d’origine d’Inarritu (mexique) où le mysticisme fait partie de la vie quotidienne parallèlement au catholicisme. Ces scènes renforcent simplement le contexte psycho-affectif greffé autour du héros et aident à mieux comprendre sa personnalité; elles font partie intégrante de Uxbal.

    En aucun cas elles n’ont de rapport avec les morts dont Uxbal se sent responsable puisque elles apparaissent avant les décès dans l’entrepot et il est question de son don (datant de longue date) lorsqu’il va voir la guérisseuse.

    NB à propos de la misère invisible en ville (où comment découvrit qu’il ya un bidonvilles dans sa rue) : expo-photo sur les Roms au Centre d’histoire et de la déportation à Lyon si vous passez par là; c’est d’actualité on dirait…

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