Simon Werner a disparu : l’avis de Claudotator

Il est toujours « amusant » de commencer un article.

Que ce soit une critique ciné, un pamphlet contre l’Australie ou un traité de philosophie sur les pingouins, on ne sait jamais comment commencer. Si ledit article commence par « Amis lecteurs » on peut se mettre a dos tous les ennemis intimes que l’on aura pas cités. Si on pond une introduction joyeuse pour ensuite plomber un flim (oui oui, un flim…) on passe pour un hypocrite (ce que nous ne sommes pas, bien sur!), et je passe les nombreux exemples qui me passent par la tête.

Un moyen simple de commencer ledit article (qui n’a pas commencé pour mon cas, évident paradoxe) serait de se mettre dans la peau du lecteur moyen (qui peut ne pas l’être, mais passons avec ces paradoxes…) afin d’écrire une critique claire et qui puisse plaire a la majorité (une intuition me dit que ce ne sera pas le cas avec cette critique concernant ces deux points…). Et que demande le lecteur/(télé)spectateur moyen??

Le résumé/teaser/synopsis du flim/critique/bouquin/etc. !

Mais les résumés, c’est trompeur!! Exemple avec

 

Simon Werner a disparu

(oui, il faut bien que je parle du flim, quand même!!)

Je vous livre le synopsis « officiel »:
Lors d’une soirée bien arrosée, des adolescents découvrent dans la forêt un corps apparemment sans vie, enfoui dans les broussailles.
Quinze jours plus tôt.
Au lycée Léon Blum, un élève de Terminale C, Simon Werner manque à l’appel. Des traces de son sang sont retrouvées dans une salle de classe. Fugue, enlèvement, suicide, meurtre ? Toutes les hypothèses sont envisagées par ses camarades.
Quelques jours plus tard, une élève de la même classe est notée absente sans que ses parents sachent où elle est. Une jeune fille apparemment sans histoire et sans lien direct avec Simon.
Le lendemain, un troisième élève, toujours de la même classe, disparaît à son tour…

C’est sur qu’avec une histoire et une bande annonce comme ça, nous nous attendons à un bon thriller péchu, quelque chose qui envoie du pâté, du lourd quoi!!

En tout cas c’est ce que je me disais, moi, quand je suis allé le voir. Mais les résumés sont trompeurs.

En effet, le film ouvre sur une fête entre jeunes qui tourne mal, car trouver des cadavres, c’est pas fait pour garder la bonne ambiance. C’est bien sûr le corps de Simon qui avait disparu et qui ne l’est plus, au bout de 5 min de pelloche (disparu, pas Simon).

A partir de ce moment le film retourne plusieurs fois dans le passé, à chaque fois sous le regard d’un ado différent, ce qui permet au spectateur de démêler une intrigue qui s’avère franchement plate, au déplaisir de nos cerveaux qui voulaient bien cogiter.

De plus, l’aspect thriller ne tient que pendant la première partie du film sous le regard de Jérémie, ado ayant la jambe pétée à la suite d’un auto-tacle (véridique), qui arrive en touriste dans ce film et dont la seule utilité sera d’avoir organisé la fête qui permettra la découverte de Simon.

A la suite de cette première partie, le film s’enfonce dans le teen-movie où tout le monde (spectateur compris) s’en fout royalement de Simon (à part une phrase par ci, par là…) et où tout est cliché : entre la punkette moche, le fils de prof, la bombe sexuelle, le beau gosse, la discussion sur les capotes, les copines traîtresses, etc. : on est servi!

Aucune des parties (sauf celle centrée sur Simon) ne nous apprend quelque chose sur la disparition de Simon (mais de toute façon, on ne se souvenait plus que ce film était un thriller, donc…) ce qui peut être (peut-être…) le message du film : la mort n’est pas un processus logique* et** elle peut arriver n’importe quand.

En conclusion, si vous voulez voir ce film comme un thriller, essayez de négocier avec le vendeur de ticket pour ne rester que 20 minutes, il pourra peut-être vous faire un prix. Si vous cherchez un teen-movie, attendez 20 minutes et partez avant la fin. Si vous voulez voir un bon film, allez voir quelque chose d’autre.

*put***, obligé d’écrire un pavé sur un film qui m’a déplu pour trouver son sens et l’apprécier un peu plus… y’a des fois, je vous jure… maintenant, j’hésite à continuer mon article dans l’objectif de descendre le flim.

** c est bon, j’ai décidé, j’ai pas envie de retaper toute la critique! De plus, même si il est remonté dans mon estime, il est juste passé de « affligeant » à « bof »…

A propos claudotator

https://nosvisionsducinema.wordpress.com
Cet article, publié dans 3e Trimestre 2010, La Cinémathèque, Simon Werner a disparu, est tagué , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Simon Werner a disparu : l’avis de Claudotator

  1. grandsteack dit :

    La bande annonce fait penser à Ken Park

  2. cracoucas dit :

    Allez, on va defendre un petit film sympa, sans être un chef d’oeuvre.
    L’interet de Simon Werner, c’est justement que le film n’est pas ce à quoi nous pouvions nous attendre (et que je craignais, vu que je déteste les Teen movies).
    L’intérêt n’est clairement pas le « thriller ». Ce qui intéresse le cinéaste, c’est justement l’écart entre ce que nous voyons: des histoires adolescentes et ce qui reste hors champ: la disparation de Simon Werner.
    Les jeunes de Simon Werner ont vu les mêmes films que nous, ils en tirent les même conclusions (une disparition, c’est forcément une histoire en rapport avec ce que nous savons/voyons de son univers), tout en s’interessant surtout à leurs petites histoires d’amour.
    Bref: la disparition de Simon Werner leur apparait comme « romantique » (mot à prendre dans son sens premier, non pas comme un synonyme de « sentimental »).
    Pour le spectateur aussi: les personnages et les spectateurs attendent quelque chose: une résolution « romantique » donc, un thriller, un sens à cette disparition, un suspens.
    La réalité est tout autre, et c’est le sujet de Simon Werner: la disparition du jeune homme et de ses camarades n’a rien d’une grande aventure ou d’un thriller. Juste un « fait divers » absurde, sur lequel se greffe fantasmes et frustrations (des personnages comme des spectateurs).
    La réalité est decevante: les jeunes sont ce qu’ils sont, ils continuent à vivre leur vie et à penser aux filles et aux garçons.
    Ils continuent à être superficiels comme le sont les jeunes, la disparition de Simon Werner ne changera rien.
    La dernière séquence referme la parenthèse: superficiel avant, superficiel pendant, les maigres aventures liés à un évènement exceptionnel s’évanouissent dans un café de jeunes.
    On pourrait dire que Le sujet du film est la frustration du spectateur..

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