Happy Few : l’avis de Grandsteack

« Dans la vie, même si on est très heureux, on espère toujours que quelque chose va faire diversion ».

Je commence cette critique comme commence le film, par cette phrase déclamée en voix off par Rachel, le personnage joué par Marina Foïs. On va donc assister à la rencontre de deux personnes dans un cadre normé (le boulot), puis de celles-ci et de leurs conjoints dans un milieu plus libre, celui de leur foyer. Et ce qui était sous-jacent au travail va exploser dans l’intimité : les corps vont s’emmêler, avant que les cœurs ne s’en mêlent.

Les premières scènes s’enchainent assez vite, tendant à perdre le spectateur dans l’accélération des rencontres des deux couples. Puis le film prend son rythme de croisière et semble planer sur le bonheur éprouvé par les protagonistes dans des moments de voluptés, physiques ou intellectuels. On est pris par une sensation cotonneuse de rêverie, bien distillée par l’équipe technique du film (belle photo et belle réalisation d’Antony Cordier), qui verra son apogée lors de la réalisation du fantasme de Teri, joué par Elodie Bouchez. Mais le réveil sera d’autant plus dur que le rêve était doux, et le retour sur terre sera violent psychologiquement.

Impossible de parler de ce film sans parler des acteurs, qui rendent tous une magnifique copie. Elodie Bouchez est radieuse, magnétique, Marina Foïs est juste dans son rôle, malgré une tonalité vocale rappelant parfois ceux chez les Robins des bois, ce qui peut être agaçant. Même constat pour les interprètes masculins : j’ai découvert un Nicolas Duvauchelle qui possède une vraie présence, à l’écran comme en dehors, et dont la partie en voix-off devrait quelque peu électriser les spectatrices, et Roschdy Zem nous livre une prestation magistrale, loin de ses derniers rôles de gros durs gentils.

Pour finir, je voudrais passer un coup de gueule à propos du réalisateur et des critiques de cinéma : celui-ci ne veut pas que soit employé le terme échangisme pour qualifier son film, du coup toutes les critiques s’empressent de préciser que « ce film n’a rien à voir avec de l’échangisme », soulignant le bonheur, l’épanouissement et la liberté du petit jeu des protagonistes. Pourtant, c’est clairement ce à quoi on assiste (cf cette définition). Alors quoi ? Ça signifie que l’échangisme est pratiqué uniquement par des pervers sexuels qui finiront forcément déprimés par une pratique qui brisera leur relation de couple ? Ou est-ce plutôt un manque de courage de la part du réalisateur à assumer ses choix, à l’image de Rachel dans le film ?

Toujours est-il que ce film permet de faire une extrapolation de nos possibles, en toute liberté… le temps du film.

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