Toy Story 3 : l’avis de Claudotator

De la météo en Haute-Savoie

Il faisait moche et froid en Haute Savoie.

Non pas que la « yotte » soit réputée pour son climat doux et avenant, mais bordel!! 13° et de la pluie en plein mois d’Août, ça la fout mal. « Ce n’est pas grave » me dit une petite voix dans ma tête, « t’as qu’à bouger ton gros cul et te vautrer au cinoche! »* ce que je fit, après quelques instants de réflexion.

Arrivé au cinéma, je tremblais d’effroi devant les affiches : Noon! Pas Nicolas Cage avec des implants!! Arg!! Encore un film de danse!! Grmblf!! Toy Story 3!!Euh, attendez… Toy Story 3?

A ce moment là, un flot de souvenirs m’emporta** et je me souvint du bonheur que fut le visionnage des deux premiers, les aventures de Woody et de Buzz, les messages cachés pour les plus grands d’entre nous… Allez, hop!! Une place pour Toy Story 3!!

Du fait d’être dans le noir, à coté d’inconnus…

Le film commence sur les chapeaux de roues (justement, avec un cowboy et un train, qu’est ce qu’on se marre dans cette critique!) dans une scène d’anthologie qui vire au grand n’importe quoi maitrisé, et qui est une histoire que fait Andy avec ses jouets.
Une dizaine d’années plus tard, Andy se prépare à l’université et les jouets se retrouvent donc par un concours de circonstances à Sunnyside où ils sont accueillis à bras ouverts par Lotso, nounours en peluche trooooop mignon et tous les jouets. Après un rapide tour de la garderie qui a tout pour être un paradis terrestre, nos héros (sauf Woody qui se fait la malle) se retrouvent à se faire massacrer par des mioches de trois ans dans une scène qui n’est pas sans rappeler certains films d’horreurs (lors du survol de la classe, j ai pensé à « 30 jour de nuit »…).

A partir de ce moment, la garderie ressemble étrangement à un camp de concentration avec Lotso (qui est le plus mignon des jouets, impression renforcée par le fait qu’il « sent la fraise ») jouant le rôle d’un parrain de la mafia. Les autres jouets ne sont pas en reste et ont un rôle diamétralement opposé à leurs aspect. Big up a Big Baby, poupée un peu amochée qui se permet de glisser des références à « l’Exorciste » dans un film pour enfant!! Mais on pourra aussi parler du téléphone qui ne parlera que sous la torture, des camions qui font les gardes, et j’en passe…

Bon, c’est quand même un film qui s’adresse avant tout aux petits donc lorsque que les jouets vont mourir dans un incinérateur (on reste dans le thème « les allemands sont nos amis« ) ils s’en sortent grâce à un deus ex machina sous la forme d’un grappin***, il faut bien qu’il y ait un happy end (ce n’est pas un spoil, c’est prévisible dans un film pour enfants!!!)…

Du côté « philosophique »…

Toy Story 1 était un film qui posait la question (enfantine) de l’activité des jouets en notre absence, et dont les héros étaient rivaux (ce qui était assez novateur pour un film pour enfant et beaucoup moins enfantin****).
Toy Story 2 posait quant à lui la question de l’abandon et de la solitude, ainsi que de la rancœur qui pouvait en résulter.
Toy Story 3 est un prolongement du 2 dans ce sujet, avec la plupart des personnages qui sont abandonnés, et le film a un ton mélancolique qui ne disparait jamais totalement… tous les personnages ont une page de leur vie à tourner (comme la plupart des films pour enfants me direz vous), et sentent ce qu’ils sont obligés de perdre (ce qui est nouveau) ou ont déjà perdu (la collection de jouets d’Andy a bien rétréci…).

En conclusion, Toy story 3 est un film pour enfant avec cette petite touche qui fait qu’il parle aussi aux grands. A voir.

*Note a moi même: Il va vraiment falloir que je lui apprenne les bonnes manières, a cette conscience de m***e

**La Haute Savoie a aussi ses inondations…heureusement ce flot de souvenirs n’a pas fait de morts (Haute Savoie 1: Pakistan 0)

*** D’un pont de vue freudien, le fait que se soit les Squeeze Toy Aliens (STA, ceux qui disent tous le temps « nous vous devons une reconnaissance éternelle ») qui sauvent les héros grâces à un grappin industriel, représentation phallique de leur dieu, montrent que ces jouets là sont parvenus à faire le deuil de leur vie antérieure, ce qui permet en même temps de faire une révolution (dans le sens de tour complet) perverse dans l’intrigue de la série Toy Story. En effet, dans Toy Story 1, les STA sont les victimes de Sid, adolescent sadique qui se sert du grappin et de la destruction des jouets pour affirmer son « moi », en prise constante avec son « ça » dans cette période de la vie. Les STA, en sauvant les héros de cette manière arrivent à défaire ce schéma et permettent enfin à l’histoire d’avancer. En conclusion on peut deviner que leur père est une table, et leur mère a sombré dans l’alcool après leur naissance.

****Ma mémoire me joue des tours, je peux me tromper (en théorie).

A propos claudotator

https://nosvisionsducinema.wordpress.com
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Un commentaire pour Toy Story 3 : l’avis de Claudotator

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